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A la rencontre de Colette Yver

A l’occasion d’une exposition présentant les écrivains normands du siècle dernier, connus ou oubliés, j’ai eu l’opportunité de faire des recherches sur certains auteurs. Parmi eux, j’ai découvert une femme : Colette Yver, quasiment retombée dans l’anonymat après avoir eu une renommée nationale que ne renieraient pas certains auteurs de best sellers actuels. Plus je plongeais dans le passé de cette femme, plus je découvrais un personnage, prolifique et engagé, autant que généreux,  une femme de Lettres doublée d’une femme de cœur. J’ai eu envie de faire revivre sa mémoire. De là est née une exposition-conférence que je propose dans les collèges, les lycées, les associations, les salons…(Tarifs sur demande)

Colette Yver

Emilie Antoinette de Bergerin

1874-1953

Sa vie et son œuvre

Illustre inconnue ! Inconnue, elle l’est aujourd’hui, illustre, Colette Yver le fut hier.

Une œuvre littéraire très riche ainsi que des idées nouvelles et une "action humanitaire" firent d'elle un des écrivains les plus célèbres au début du 20ème siècle. A dix-sept ans, elle publie son premier roman, cinquante-cinq autres ouvrages suivront de 1892 à 1950. En 1907, elle reçoit le prix Fémina pour « Princesse de Sciences ». Ce livre traite des difficultés que rencontrent les femmes pour accorder vie familiale et carrière professionnelle.

Depuis sa première publication et jusqu’aux années 20, son œuvre met en scène des femmes. Mais très influencée par son éducation, l’auteur privilégie toujours chez ces dernières le rôle d’épouse et de mère.

A partir de 1929 pourtant, sa conception de la place de la femme dans la société va évoluer… Parallèlement, elle publie en 1918 « les mystères des béatitudes » prélude à l’hagiographie qu’elle développera par la suite.

À côté de sa vie littéraire, elle ne peut ignorer le fléau qu’est la tuberculose, qui tue depuis le début de la guerre environ 80 000 personnes par an en France. Elle décide d’utiliser sa notoriété pour sensibiliser par voie de presse. Colette Yver crée un comité de soutien aux Docteurs Bruno et Davy, donne des conférences dont les droits d’entrée sont remis à la fondation des deux médecins. Elle reverse tous les droits d’auteur d’un de ses romans (21 éditions) pour que soit ouvert un chalet-sanatorium à Praz Coutant.

En dehors de cette cause, elle défend de nombreuses idées encore très contestées au début du 20ème siècle : l’école maternelle, le travail à mi-temps, l’aide aux familles nombreuses…

Elle meurt en 1953. A ses funérailles sont présents le représentant du Préfet et le Ministre de l’Education Nationale en personne.

Si les idées que défendait Colette Yver ressemblent aujourd’hui à des évidences, il aura fallu près d’un siècle pour les faire admettre… et beaucoup moins pour oublier une femme de lettres au grand cœur.

* Dessin de J.Wolf paru dans "Par chez nous", revue Normande de Littérature et d'Art en janvier 1921.

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